• Torture

     

    Torture

    Les Amérindiens du 17e siècle adoraient la torture, faisant partie de leur culture. Lors d'une expédition guerrière, ils faisaient des prisonniers dans trois buts : monnaie d'échange, intégrer les plus jeunes à la communauté, mettre à mort. Jean-Paul Desrosiers, auteur d'Iroquoisie, ne se prive pas pour présenter des scènes de torture, à l'origine écrites par des religieux. J'ai apprécié la séquence suivante, car elle dure trois pages ! Voici un résumé.

    En cause : les Hurons, qui font un prisonnier iroquois, âgé d'une cinquantaine d'années. Immédiatement, ils lui coupent les doigts et ses mains "étaient demi-pourries et toutes grouillantes de vers." Le prisonnier est emmené au village huron. Tout le monde se précipite dessus ? Eh non ! On fait cuire un chien pour qu'il se régale, les femmes lui apportent des fruits, les hommes lui demandent de chanter, lui parlent avec amabilité.

    Les Hurons décident de donner l'Iroquois à une famille, pour compenser un membre tué en guerre. La famille refuse, à cause des mains endommagées. Il est alors décidé qu'il serait mis à mort par le feu. L'Iroquois est très fier et jure qu'il n'a pas peur des tourments. Satisfaits, les Hurons lui donnent encore de la bouffe, du tabac, chantent et dansent avec lui.

    Le moment venu, des feux sont allumés dans une cabane. Les Hurons - y compris les femmes - se préparent de bons tisons, des écorces brûlantes.  Alors l'Iroquois marche dans le couloir formé de Hurons et reçoit un coup de la part de chacun. Il a les poignets liés et est prié de chanter. Les mains sont brûlées, les jambes, les oreilles. Après sept tours, le prisonnier est obligé de s'asseoir dans les braises. On laisse l'Iroquois se reposer pendant une heure, avant de recommencer, car la séance doit durer jusqu'à l'aube. Pendant tout ce temps, les Hurons lui parlent avec gentillesse, l'encouragent, le font manger des mets délicieux.

    L'aube venue, tout cela se poursuit à l'extérieur, sur un échafaud. La victime est attachée, mais pas trop solidement, si bien qu'il peut tourner sur lui-même. Cette fois, ce ne sont pas des petits feux qui sont utilisés, mais des torches. Il est brûlé dans la bouche, les yeux, le gorge. Des haches rougies sont utilisées pour les épaules, la poitrine. Quand l'Iroquois est à bout de forces, on lui coupe les bras, les jambes, la tête. Les Hurons font de ces restes un grand festin.

    Charmant, non ?

    Ceci a été écrit par des Jésuites. Pourquoi ne sont-ils pas intervenus ? Les religieux étaient dans les villages hurons pour des conversions et leur approche était amicale, en respectant la culture de ces Amérindiens. Intervenir aurait provoqué la colère des Hurons. De plus, cela aurait pu donner naissance à des incidents diplomatiques et commerciaux, car les Hurons étaient les alliés des Français. Enfin, vous voyez trois Jésuites dire à un village entier : Ne faites pas ça ? Pffff...

    Notez bien que peu après, les Hurons deviendront le premier peuple sous la "protection" des français à être décimé, à cause de la présence des religieux dans leurs villages. Les épidémies ! Chacun sait qu'un Européen de la Renaissance n'était pas très propre, ne se lavait pas, contrairement aux Amérindiens. Mais ceci est une autre histoire.

    CHANSON DU JOUR : Coeur blessé, par Petula Clark

      

      


  • Commentaires

    1
    Dimanche 29 Juin 2014 à 20:50

    Horrible. Mais intéressant.

    Je me souviens de ces Hurons évoqués chez un auteur classique (en littérature au lycée) mais ça m'échappe !

    2
    Dimanche 29 Juin 2014 à 21:26

    Les Hurons avaient alors un très beau territoire pour la chasse, la pêche, l'agriculture, convoité par les voisins du Sud, les Iroquois, mais les épidémies ont fait le reste. Leur descendance est aujourd'hui établie près de la ville de Québec. De façon générale, les Hurons de ce temps ne faisaient pas la guerre, mais se défendaient en cas d'attaque.


    En lisant Iroquoisie, je me suis souvenu que j'ai aussi un livre d'un jésuite établi dans le pays des Hurons, et qui donne un portrait de ce peuple "au quotidien".


    Merci pour ce commentaire.

    3
    fanfan76
    Lundi 30 Juin 2014 à 18:53

    Atroce, je n'ai pas pu tout lire, mais merci car j'ai été voir sur le net des photos de ce peuple les Hurons.

    Un grand plaisir à écouter, coeur blessé de Pétula, fanfan

    4
    Lundi 30 Juin 2014 à 18:58

    Ce n'est qu'un résumé !


    Ce n'est cependant pas que typique des Hurons ; ils faisaient tous ça.

    5
    Mercredi 22 Octobre 2014 à 09:37

    Oh quelle horreur... ! Décidément, l'Homme est vraiment doué pour faire souffrir ses congénères et les autres créatures, quelque chose m'échappe définitivement !

    6
    Mercredi 22 Octobre 2014 à 18:31

    À chacun sa culture, hein... Dans Iroquoisie, il y a un passage où deux Français tuent un iroquois dans sa cabane pour lui voler ses fourrures, cela en temps de paix. Alors, les Français punissent le voleur, en le pendant sur la plae publique. Des Iroquois ont assisté à l'exécution, ne comprenant pas pourquoi les Blancs tuaient un de leurs semblables de cette façon. Cela ne faisait pas partie de leur culture.

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