• Salon d'Histoire et du Patrimoine

    Salon d'Histoire et du Patrimoine

    Je ne vous présente pas mon avatar. C'est simplement la seule photo que j'ai de ma participation au Salon d'Histoire et du Patrimoine, un bel événement où je fus présent comme romancier, de 1999 à 2002.

    Pas un beau souvenir de l'édition 1999, cependant... C'était minuscule et bruyant. Les femmes de la librairie de l'Université m'avaient demandé d'être dans leur kiosque avec mes romans. L'année suivante, la même sollicitation me parvient en je réponds : "Pas question!" Elles m'ont assuré que l'événement avait un aspect plus pro et qu'il serait tenu dans un espace plus large, un des gymnases du campus. M'ouais...

    Alors, il y a eu un coup de foudre de ma part. Les organisateurs avaient fait un prodigieux bond vers l'avant, sans doute motivés par des subventions. L'initiateur de tout ça n'avait pas 30 ans. Un jeune homme chevelu du doux prénom de Mario. Un bon groupe d'étudiants au bacc en Histoire étaient impliqués. Le tout me faisait beaucoup penser à un salon du livre.

    Il s'agissait de réunir des gens ayant des relations avec le patrimoine, l'histoire. Cela nous menait à des Amérindiens exposant leur artisanat, à des sociétés de généalogie, à des musiciens folkloriques, à des antiquaires, beaucoup de sociétés d'histoire de villes et villages, des femmes présentant des costumes d'époque, des collectionneurs de jouets anciens, tant de choses ! Les seuls absents étaient les... historiens de l'université ! Il fallait que ce soit populo et non universitaire.

    Ces gens-là avaient le sens de la petite étincelle qui faisait plaisir au public. Une certaine année, il y avait des Amérindiens en costumes traditionnels, qui avaient planté leur tente à l'entrée et fascinaient les enfants avec leurs danses et chants. C'était beau et riche. Puis des jeunes hommes et femmes en costumes Renaissance qui accueillaient le public, proclamaient les activités à haute voix. Une autre fois : des combats de chevaliers du Moyen-Âge !

    Pour ma part, j'aimais beaucoup car à chaque fois que je m'adressais à quelqu'un, j'étais certain que c'était une personne aimant le passé. De plus, je n'avais pas la pression que m'imposait mon éditeur pour les salons du livre. De ce fait, en 2000, j'avais vendu tous les romans disponibles, ce qui représentait un plus grand nombre que lors de certains salons. Le tout sans grand effort de ma part. Quand je parlais des livres à quelqu'un, c'était toujours plus long, les personnes ayant sans cesse quelque chose à me raconter. Je m'adressais à des passionnés. Des échanges chaleureux.

    De belles rencontres, de plus, dont un jeune Atikamekv très sympathique qui était venu présenter son livre, accompagné de sa petite amie, une femme incroyablement stoïque. Une anecdote à propos des Atikamekv. À ce moment, j'étais en train d'écrire le roman qui deviendra Les secrets bien gardés, se déroulant en Nouvelle-France et où il y avait un certain nombre d'Amérindiens. Trouver un nom d'homme était facile, pas celui d'une femme. Alors, je vais voir les Atikamekv, explique la situation, demande : "Peux-tu me dire un beau prénom féminin atikamekv ? " L'homme, un colosse au visage sévère, dessine un sourire angélique et me dit ce que je n'attendais pas : Skèche. Sans doute le prénom de sa blonde ou de sa maman. Sa réaction m'a fait sourire, surtout pour un prénom à la sonorité aussi sèche. Il m'a précisé que cela s'écrivait Skecs.

    Seconde anecdote, en 2002, alors qu'à la bonne franquette, je présentais mon nouveau roman, Les Fleurs de Lyse. Cela se déroulait dans le café de la place. Une partie du roman se situant au cours des années 1960 et mettant en vedette un groupe de jeunes musiciens de rock, j'ai alors fait ce qui n'était pas prévu : j'ai chanté ! J'avais traduit la chanson Johnny B. Goode en Grand-père à gogo et j'avais illico retracé ce passage pour chanter. Les gens avaient tapé dans les mains ! Go go grand-père go !

    De beaux souvenirs et j'ai été déçu d'apprendre que l'édition 2002 était la dernière. Mario avait délaissé en 2001, pour se concentrer davantage sur ses études et l'équipe en place avait eu beaucoup de mal à organiser le salon 2002. Mario m'a expliqué qu'à ce moment, il y avait eu des coupures sérieuses dans les subventions et le prix d'entrée ne permettait pas d'organiser un événement de cette envergure. Une augmentation du prix pour l'espace des exposants aurait été trop drastique et plusieurs d'entre eux ne seraient pas revenus.

    La photo date de 2002 et avait été prise par une employée de la librairie.

    CHANSON DU JOUR : Victoria, par Garolou.


  • Commentaires

    1
    fanfan76
    Vendredi 7 Novembre 2014 à 09:48

    Vraiment dommage que ce salon d'histoire et du patrimoine n'a pas pu continuer d'exister, de beaux moments que tu n'oublieras pas, beaucoup de personnes, comme toi, on dut  le regretter, merci Mario pour ce partage, fanfan

    2
    Vendredi 7 Novembre 2014 à 18:58

    ll y avait des exposants qui venaient de loin. Une des femmes qui travaillait pour la librairie de l'Université le fait aujourd'hui pour un important libraire de la ville et ce sont eux qui me recoivent quand je participe au salon du livre de Trois-Rivières. À chaque occasion, elle me parle du salon d'histoire.

    3
    Dimanche 16 Novembre 2014 à 18:27

    Quel dommage ! Quelle tristesse ! Mais tu as eu cette douce chance d'en être et d'en garder de beaux souvenirs :)

    4
    Dimanche 16 Novembre 2014 à 20:04

    C'était une vitrine pour beaucoup de gens qui travaillent dans l'ombre, entre autres les sociétés de généalogie.


    C'était un événement relax et sympathique.

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