• Bon anniversaire, Mario B

    Mardi le 14 octobre, j'aurai 59 ans. Autour de midi. Ça n'a jamais été une fête, pour moi. Pas de gâteau ni de cadeaux. De façon générale, je n'y pense pas, sauf dans le cas présent. J'y ai pensé non pas parce que j'approche de la soixantaine, mais parce que ce sera la dernière étape de ma cinquantaine. Une dizaine d'années un peu particulières, dans une vie.

    Les différences sont minimes entre 20 et 30 ans, entre 30 et 40, entre 40 et 50, entre 50 et... heuuuu... 55 ! Parce qu'à partir de ce chiffre, il y a eu des phénomènes nouveaux, dans la vie de plusieurs personnes. Des changements physiques. Entre autres, perdre mes cheveux. J'en avais plein, à 55 ans ! Plus maintenant. J'avais la tête d'un bassiste d'un groupe de hard-rock et maintenant, je ressemble à Léo Ferré modèle 1972.

    J'ai toujours eu l'air plus jeune que mon âge. Mille fois, j'ai posé la question : "Quel âge crois-tu que j'ai ?" La personne disait 30 ans et je répondais : "J'ai 45 ans." Même à 50, on me disait : "Tu as autour de 38 ans." Notez bien que maintenant, j'ai un truc qui me fait rigoler, quand je pose la question. Je souligne que je porte tout le temps une casquette de baseball. "Oh, tu dois avoir 48 ans, je crois bien." Non ! J'ai 58 ans. L'autre : "Hein ? Tu ne les parais pas !" Alors, je soulève ma casquette pour exhiber mon Ferré et la personne me croit alors sur parole.

    Les gens qui vieillissent disent toujours : "C'est dans la tête, qu'on demeure jeune." La belle affaire ! Me voici pris au jeu : "J'ai toujours cette folie de mes 20 ans d'écrire des romans, de me laisser toucher par la musique, de découvrir. C'est dans la tête, qu'on demeure jeune."

    Merci pour vos bons souhaits. Cependant, je préférerais un chèque ou un mandat postal. Aux visiteurs d'Europe, si vous m'envoyez un présent outre-Atlantique, évitez le fromage.

    CHANSON DU JOUR : Bénabar, Bon anniversaire


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  • La mère nature

    En février dernier, alors que je tentais de m'endormir, j'avais ressenti une vive douleur à l'avant-bras gauche, comme si un nerf était coinçé. À mon réveil, la douleur était toujours présente. En réalité, elle n'est pas disparue de toute l'année, se manifestant surtout lorsque je me mettais au lit. Puis hier, toujours dans la nuit, j'ai senti des élancements au niveau du mal, comme si quelqu'un me cognait le bras avec un marteau. À mon réveil : plus de douleur. Disparue comme venue.

    Je sais que d'autres se seraient précipité à l'hôpital, mais j'ai toujours eu confiance en la mère nature. J'ai déjà passé deux années avec un doigt engourdi sans même penser à un hôpital. Un jour, hop, ce n'était plus engourdi.

    Ci-haut : Photo de la mère nature. Étonnant, non ?

    CHANSON DU JOUR : Excellente chanson d'avant-bras : Survivance, par Octobre


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  • La peur de Salomé

    Ma chatte Salomé est la plus craintive de tous les chats qui sont passés dans ma vie. Peur de tout ! Quand une personne entre chez moi, Salomé se précipite sous le lit et n'en sort pas. Mardi le 7 octobre, elle a vécu le moment le plus terrifiant de sa vie.

    Non seulement une personne est arrivée chez moi, mais il y en avait une deuxième. Ma soeur Mireille et son mari, ce dernier devant installer les tablettes que j'ai achetées pour le rangement de mon supplément de disques. Ma soeur a eu l'idée bizarre de se présenter avec une balayeuse électrique.

    Alors, les sons produits par mon beau-frère ont effrayé Salomé, mais surtout le balayeuse, d'autant plus que Mireille a décidé que ma chambre ferait partie de l'itinéraire de ce monstre bruyant. Elle m'a dit avoir vu Salomé fuir à toute vitesse vers la cuisine. Je le devine : destination sous les armoires du bas.

    Après le départ du duo, j'ai cherché la chatte sans la trouver. Elle devait être terrée dans le coin le plus reculé. Quand je l'ai vue, dix minutes plus tard, elle avait les yeux plus ronds que les orbites, le poil hérissé. Quand je l'ai prise dans mes bras pour la caresser et la rassurer, elle tremblait. Je ne l'avais jamais vue tant envahie par l'effroi !

    CHANSON DU JOUR : Jean Leloup, Comme ils me font peur


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  • Lecture en cours : Iroquoisie Tome 4

    La période survolée dans ce dernier tome va de 1688 à 1701. Elle débute dans le sang, avec la vengeance des Iroquois suite aux conneries de Denonville, ayant incendié trois villages et brûlé des récoltes. Ce sera ce que les historiens ont nommé le "Massacre de Lachine", le raid le plus radical des peuples iroquois face aux français et dont je vous reparlerai, à la fin de cet article.

    La conséquence immédiate est que Denonville est démis de sa fonction de gouverneur par le roi, qui fait revenir Frontenac en Nouvelle-France. Heureuse décision ! Le but de Frontenac est la paix sur le territoire, non seulement avec les peuples iroquois, mais que ceux-ci fassent la paix avec les amérindiens alliés des Français. La manière d'y arriver : la guerre. Mais pas la guerre à grand déploiement, prouvée inutile sous Denonville et de La Barre. Frontenac fera la guerre aux iroquois... à l'iroquoise.

    En même temps, il y a conflit entre la France et l'Angleterre, en Europe. Les colonies d'Amérique sont donc en guerre l'une contre l'autre. L'Iroquoisie est coincée entre les deux territoires. Nous avons vu que les cinq nations avaient signé des ententes avec les Anglais. Je précise ici que les colonies anglaises étaient indépendantes les unes des autres. Ce n'étaient pas des états unis, quoi ! La colonie ici en cause est celle de New York, pauvre en population et en soldats.

    En réalité, ces gens se servent des Iroquois comme mercenaires. "Attaquez les Français!" claironnent-ils, sans pour cela prêter quelques soldats aux Amérindiens. Au fil de ces années, il y aura de la part de ces Anglais beaucoup de mensonges, de promesses non tenues et d'épouvantables attitudes de supériorité face aux "Sauvages". Entre autres, ils disent aux Iroquois : "Ne faites rien sans nous demander la permission." N'oublions pas que New York considère l'Iroquoisie comme faisant partie de son territoire et ses habitants comme des sujets anglais. Tout ceci finira par énormément agacer les cinq nations et mènera vers la paix avec les Français.

    Revenons à Frontenac et à sa guerre à la façon iroquoise. L'embuscade de petits groupes, il n'y a rien de mieux ! Frontenac demande des soldats au roi, qui envoie ici des jeunes de 15-16 ans que le gouverneur n'utilisera presque pas. À la place : les Canadiens de souche, familiers avec la vie en forêt, avec la température, les cours d'eau. À ces Canadiens s'ajoutent les Amérindiens alliés, qui détestent les Iroquois. Frontenac propose un élément nouveau : l'appât du gain. En effet, pour chaque scalp iroquois rapporté à Québec, l'auteur du trophée reçoit une récompense.

    Ça a fonctionné. En une dizaine d'années, les cinq peuples iroquois vont perdre la moitié de leurs guerriers. Les Agniers, si puissants et la terreur de la Nouvelle-France, seront les plus décimés. Précisons que pour les peuples iroquois, une guerre a une durée de six mois. Pas dix années.

    En dernier lieu, les cinq nations en avaient ras-le-bol des mensonges des anglais, de leur attitude, puis des raids franco-alliés. Ils voulaient la paix, mais les Anglais leur disaient de ne pas y songer. Pour les Français, en conflit contre les Anglais, cela signifiaient être en guerre contre les alliés de ces derniers : les Iroquois. Les Français n'ont presque pas attaqué les bourgades de New York, alors que le roi désirait s'emparer de ce territoire.

    Il ne faut pas se cacher que souvent, Frontenac a désobéi aux ordres de roi, entre autres quand un pacte de paix a été signé entre les deux pays ennemis en Europe. Frontenac n'en avait cure de ce qui se passait là-bas. Il poursuivait, pour atteindre son but. Malheureusement, il ne verra jamais le résultat : décès en 1698. Son successeur Callière, déjà son bras droit, allait poursuivre à la lettre la politique du grand homme.

    L'objectif sera atteint en 1700 et une grande paix entre tous les peuples amérindiens sera signée l'année suivante, à Montréal, dans un déploiement de faste, avec autour de 1500 Amérindiens, vêtus de leurs plus belles parures, dans un climat sérieux, suivi de festins, de présents. L'Iroquoisie demeure un pays indépendant, mais la Nouvelle-France lui assure amitié et collaboration. De plus, en cas de conflit entre la France et l'Angleterre, l'Iroquosie demeurera neutre. Ce dernier point a pesé lourd dans la balance. En 2001, toujours à Montréal, l'anniversaire du 400e de la Grande Paix sera souligné.

    Avant de passer à l'extrait à propos du Massacre de Lachine, je souligne que j'ai souvent croisé un fait que j'ai vu dans d'autres livres : plusieurs prisonniers français ne voulaient pas retourner en Nouvelle-France, persuadés que la vie parmi les Amérindiens était plus saine et juste. Il y a entre autres le cas d'un enfant pleurant à chaudes larmes parce que les Français l'ont réclamé, lors des cérémonies de la Grande paix. Le Massacre de Lachine, maintenant. Attention aux âmes sensibles...

    L'armée iroquoise, forte de mille cinq cents guerriers (...) a descendu tout le fleuve dans le secret le plus absolu, sans donner l'alarme. Personne ne l'a vue ou repérée nulle part. Elle a navigué sur la rive droite (du fleuve Saint-Laurent), un peu au-dessus de la ville (Montréal) (...) Dans la nuit du 4 au 5 août, elle traverse le lac Saint-Louis au milieu d'un orage de pluie et de grêle. Elle arrive à Lachine, l'extrémité orientale de l'île. Puis, dans les ténèbres, elle se fragmente en une infinité de petits groupes qui se placent, chacun, tout près d'une maison (...) Le sommeil enveloppe toute la paroisse. Au signal donné, les Iroquois poussent leurs cris, leurs clameurs de guerre. Ils pénètrent dans les demeures et, en quelques minutes, c'est l'hécatombe sanglante (...) Les hommes d'abord sont mis à mort. Si les portes résistent, le feu enveloppe bientôt les maisons et ceux qui les habitent doivent en sortir pour tomber entre les mains des ennemis. Les plus heureux sont ceux qui sont abattus d'un coup de hache ou d'un coup de feu. Des enfants sont rôtis vivants, des femmes sont éventrées, empalées. Quatre-vingt-dix personnes sont brûlées. Plus de cent vingt prisonniers sont traînés en pays iroquois, pour le supplice par le feu.

    La lecture de ces quatre livres m'a pris un peu plus de trois mois et, croyez-moi, j'ai lu tous les jours. Il y a des passages difficiles et il faut lire attentivement. Le plus curieux est que même après tant d'Amérindiens, j'ai encore le goût de lire sur ce sujet. Après une pause, cependant...

    Iroquoisie, quatre tomes, par Léo-Paul Desrosiers, Éditions du Septentrion, 1998. Un sommet !

    CHANSON DU JOUR : Paix, par l'Infonie

    Les liens vers mes compte-rendus des trois premiers livres :

    http://tuttifrutti.eklablog.com/lecture-en-cours-iroquoisie-tome-1-a108558016

    http://tuttifrutti.eklablog.com/lecture-en-cours-iroquoisie-tome-2-a108907778

    http://tuttifrutti.eklablog.com/lecture-en-cours-iroquoisie-tome-3-a112413644


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  • Pouah ! Cravate

    (Voilà longtemps que je n'ai écrit un article de cette catégorie.)

    Je déteste les cravates ! Je ne peux imaginer un ornement plus ridicule. On dirait la corde d'un pendu. Une horreur petite en son sommet et large à sa base, se ballotant sur un bedon.

    Je pourrais pointer comme moment de départ de mon aversion mes trois années au séminaire Saint-Joseph, alors que nous étions obligés de porter la cravate, que 95 % des élèves enfouissaient dans leurs poches, à la fin de chaque journée, mais il existe un document légèrement plus ancien, indiquant que même enfant, je crachais sur la cravate. Le voici :

    http://tuttifrutti.eklablog.com/ecole-1966-67-mon-amour-a99757465

    La dernière fois où j'ai subi une cravate, c'était en 1998, lors du lancement de mon roman Le Petit Train du Gnagnagna. Il avait lieu au salon du livre de Trois-Rivières. Monsieur l'éditeur m'avait posé la question sacrilège : "Tu n'as pas de cravate ?" Ma réponse fut brève et sa réplique épouvantable : "Trouve-en une." Comme j'étais au début d'une association que je voulais éternelle, j'ai téléphoné chez mes parents, qui devaient être présents, demandant à mon père d'apporter une cravate. Pouah ! Pouah ! Pouah !

    CHANSON DU JOUR : Toujours au même point, par Mario Péluso


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