• Québécismes : Vagabond, mendiant et autres mal fichus

     

    Québécismes : Vagabond, mendiant et autres mal fichus

    Oublions les euphémismes de la rectitude politique, tels sans-abri ou itinérant. La culture québécoise nous a laissé des mots juteux pour désigner les déclassés.

    TRIMPE : Déformation de l'anglais Tramp : vagabond.

    HOBO : Mot anglais, désignant les hommes qui s'accrochaient aux wagons de trains au cours de la grande dépression. Utilisé, du moins pendant un certain temps, pour les vagabonds de ville.

    ROBINEUX : Le plus bas niveau de ces marginaux. Un robineux est un vagabond alcoolique, engloutissant de l'alcool frelaté ou des mixtures explosives qu'il se fabriquait lui-même en volant des produits pharmaceutiques. Ce liquide portait d'ailleurs le nom de Robine. Le mot vient sans doute de l'anglais : To Rob : Voler.

    GUENILLOU : Un mot qui a deux sens. Le premier : personne qui ramassait des guenilles, des vieux objets, dans les poubelles ou donnés par des citoyens. Le guenillou était mal vêtu, si bien qu'on a aussi attribué le nom aux clochards. L'expression la plus courante les concernant est : "Il est vêtu comme un guenillou."

    QUÊTEUX : Le plus beau de ces mots. Des légendes du monde rural du 19e siècle. Le quêteux désignait un homme qui allait par les routes, cognait aux portes pour réclamer à manger : il quêtait, d'où le mot Quêteux. On dit aussi que les quêteux jetaient des sorts, qu'ils racontaient des histoires, donnaient des nouvelles d'un lieu lointain, etc. J'ai beaucoup d'affection pour ce mot parce que, dans trois de mes romans, j'ai créé un quêteux attachant qui s'appelait Gros Nez.

    GUIDOUNE (Aussi prononcé : Guedoune) : Notre apport féminin. Désigne une prostituée, mais aussi toute femme de "Mauvaise vie" ou à l'apparence déplacée.

    BONHOMME SEPT HEURES : Personnage invisible dont les mères se servaient pour menacer leurs enfants : "Si tu ne manges pas ta soupe, le bonhomme sept heures va venir te chercher."  L'expression est une autre déformation de l'anglais : Bone Setter, désignant les hommes qui avaient le don de guérir par des frictions des muscles ou des os. De nouveau, on devine que ces hommes étaient mal vêtus, pas rasés, etc. Le bonhomme sept heures a un synonyme, en France : Le père fouettard.

    La photo : Michel Simon dans le film Boudu sauvé des eaux, où il joue un vagabond extraordinaire.

    CHANSON DU JOUR : Stephen Faulkner et Guenillou dans mon coeur


  • Commentaires

    1
    fanfan76
    Dimanche 24 Août 2014 à 20:40

    Oui j'ai bien aimé ce film, Depardieu aussi a joué ce rôle il a quelques années... J'ai souvent entendu parler du père fouettard, mais je ne savais pas que chez vous, on disait le bonhomme de sept heures. Merci Mario, fanfan

    2
    Dimanche 24 Août 2014 à 21:44

    Michel Rivard avait écrit une chanson portant le titre de : L'enterrement du bonhomme sept heures. Elle a tout de suite été reprise par Maxime LeForestier comme : L'enterrement du père fouettard.

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