• Malhonnête Mario B

    Malhonnête Mario B

    Jeudi le 25 septembre 2014, j'ai encore vécu un moment frustrant, me rendant au bureau central de Emploi-Québec, pour leur signer un chèque qui représente la moitié de mon droit d'auteur pour le plus récent roman. Voilà des années que je suis obligé de faire ça et quand je n'avais pas de relations avec cet organisme, un autre du gouvernement, le Ministère de l'Éducation, me coupait mes bourses étudiantes de la somme reçue. C'est frustrant parce que ce n'est pas un revenu d'emploi. Je ne travaille pas pour une maison d'éditions, pour l'éditeur. Dans le cas présent, la réclamation est arrivée en juin, avant même que je n'aie sous la main le chèque de l'éditeur. Emploi-Québec n'a pas donné suite et j'ai déposé le chèque dans mon compte, ce qui m'a permis de vivre un peu moins à l'étroit la plus grande partie de l'été. Mais voilà qu'ils réclament en septembre ce qu'ils avaient demandé en juin. Le temps des vaches maigres va revenir et des fins de mois "à risques" vont me donner des maux de tête.

    Pourquoi je raconte ceci ? Parce que je crois que c'est la source d'un geste malhonnête que j'ai posé le lendemain. C'est très rare, dans mon cas ! Peut-être la première fois depuis que j'avais volé une cassette dans un grand magasin, alors que j'étais adolescent. Le plus curieux est que ce geste malhonnête s'est produit quelques heures après un geste honnête.

    Vendredi après-midi, avant de me rendre chez ma mère, je passe au dépanneur pour acheter un café. Je tends un billet de dix dollars pour ce breuvage de 1 dollar 75 sous. La jeune femme de la caisse me remet 3 dollars et 25 sous. Je lui dis : "Il manque cinq dollars, mademoiselle." Elle n'en semblait pas certaine, mais je l'ai assuré que je disais la vérité. En fin de compte, elle m'a donné le billet. Deux heures plus tard, je retourne au même endroit pour la même raison et fais face à la même femme, qui, curieusement, pose le geste contraire : je lui tends cinq dollars pour un café et elle me donne 8 dollars 25 comme monnaie. "Vous me donnez cinq dollars de trop, mademoiselle." Voici pour le geste honnête.

    Le vilain Mario, maintenant. À 18 heures, je m'apprête à me rendre écrire au parc et, tradition oblige, passe au dépanneur pour acheter un café, à 85 sous (Moins coûteux qu'à l'autre lieu, hein !) Ce type d'achat dure moins de 30 secondes, à la caisse, d'autant plus que j'ai souvent la monnaie exacte. Sauf quand il y a devant moi la terreur des dépanneurs : les clients de la loterie. Horreur, il y en avait un devant moi qui, de plus, se procurait une caisse de 24 bouteilles de bière. Achète tel billet, fait valider l'autre, se laisse tenter par un autre, etc. C'est interminable et je deviens furieux. Cinq ou six minutes, sinon plus, à cause de ces gens.

    Voilà ce bipède qui fiche le camp et, comme prévu, j'ai pris trente secondes pour payer mon café, si bien qu'en sortant, l'homme-loto-bière était là, que je l'ai vu glisser un billet de 20 dollars dans sa poche, sauf qu'il a raté son coup et que le billet est tombé au sol. Je me suis penché rapidement, l'ai pris et l'ai enfoui dans ma poche. Ni vu ni connu.

    En tout autre temps, j'aurais lancé : "Vous avez échappé de l'argent, monsieur !" Pas cette fois. Sans doute que la frustration de devoir donner la moitié de mon chèque de droit d'auteur était présente dans mon esprit. Au parc, j'ai pensé que ce gars venait d'acheter pour 50 dollars de bière et de billets de loto et qu'il pouvait se passer d'un billet de 20.

    CHANSON DU JOUR : François Guy honore un très vilain : Bilodeau. J'aime beaucoup : "C'était le chef des rebelles, il mettait le feu dans vos poubelles."


  • Commentaires

    1
    fanfan76
    Dimanche 28 Septembre 2014 à 17:45

    C'est beaucoup, Mario, de redonner autant de droit d'auteur, la moitié de ce que tu as touché, bon moi je ne trouve cela complétement anormal! je comprends que tu ne sois pas content! bon l'autre en a fait pour ses frais! tant d'argent pour ses bières et ses billets de loto! après tout ce billet est mieux dans ta poche... fanfan

    2
    Dimanche 28 Septembre 2014 à 18:51

    La somme de droit d'auteur reçue n'est pas une fortune et me maintient loin sous le seuil de la pauvreté. Ce que le gouvernement fait, deux fois par année, c'est appauvrir un pauvre.


    Quant au 20 dollars, il est déjà dépensé. J'ai acheté quelques aliments au supermrché.

    3
    Émilie
    Dimanche 28 Septembre 2014 à 22:31

    Bof, ce n'est pas un gros péché

    4
    Dimanche 28 Septembre 2014 à 22:46

    Non, mais ceci ne fait pas partie de ma personnalité.

    5
    Mercredi 22 Octobre 2014 à 12:17

    Mmhhmmm.... je n'aime pas trop cette histoire, même si je peux comprendre, et connaissant ta situation difficile. Je ne crois pas qu'on puisse se permettre de penser que le billet est mieux dans ta poche, parce qu'on ne connaît rien de l'autre bonhomme, malgré ses dépenses apparemment extravagantes.

    Loin de moi l'idée de prendre un ton moralisateur ! De 10 à 20 ans environ, j'ai commis des petits larcins dans des magasins (des fringues, des 33 tours, des bijoux de pacotille, des crayons, des feutres...), plus par excitation que par nécessité (je trouvais ça "amusant", cette "prise de risques"), et je me soulageais la conscience en disant que je ne volais pas des gens, mais des grosses entreprises .... C'est pas mieux ...

    Ton histoire montre aussi combien les politiques actuelles de l'autruche en matière d'économie notamment conduisent les  gens à l'exaspération. Et ça, c'est vraiment inquiétant.

    6
    Mercredi 22 Octobre 2014 à 17:40

    C'était l'humeur d'un court moment.

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