• Lecture en cours : Iroquoisie Tome 2

     

    Lecture en cours : Iroquoisie Tome 2

    Je viens de terminer la lecture du tome 2 de la série de quatre livres sur la lutte ayant opposé les Français aux peuple iroquois, au 17e siècle. La période en cause va de 1652 à 1666. La Nouvelle-France est sur le bord du précipice. Paris ne répond pas aux demandes pour des soldats, pour des colons. Dans ce tome, nous croisons une période d'otages : j'en garde un et tu me l'échange contre un des miens, etc. Il y a des traités de paix, la plupart du temps très brefs et qui sont, pour les Agniers, des stratégies. Par exemple, quand ce peuple est opposé à d'autres amérindiens, ils n'ont pas le temps de guerroyer contre les Français. Alors, ils signent un traité pacifique, le temps de partir au combat ailleurs, mais ne le respectent pas, aussitôt la besogne accomplie. Ils en signent un particulièrement dégueu, qui était un prétexte pour ces gens de continuer à détruire les restes des Hurons, maintenant réfugiés près de Québec. Après quelques occasions du style, les Français ne voudront plus rien signer avec les Agniers, refuseront de les écouter, les jugeant fourbes et menteurs.

    Au cours de la décennie 1860, cependant, le roi de France envoie dans sa colonie des enquêteurs qui répètent ce que les dirigeants locaux disaient depuis des décennies : c'est un territoire très riche, mais qui ne pourra se développer tant qu'il y aura un conflit entre Agniers et Français. Conséquemment, le roi envoie des militaires, des colons, des ouvriers et... des femmes ! (Les légendaires "Filles du roi".) Enfin, l'allié naturel des Agniers, les gens de la Nouvelle-Hollande, perdent leur colonie aux mains des Anglais. Bref, l'Iroquoisie est en mauvaise posture et les quatre peuples signent un traité de paix, d'où sont exclus ces têtus d'Agniers. L'Amérindien à l'origine de cette action est Garakonthié, un personnage très digne et intelligent, un peu le John F. Kennedy des Iroquois.

    Parlons de guerre ! Les Iroquois étaient une confédération de cinq peuples distincts, ayant en commun une langue, des territoires voisins. Seuls les Onneyouts et surtout les Agniers faisaient la guerre à la Nouvelle-France. Les trois autres étaient plutôt amicaux. Pourquoi s'en prendre aux Français ? Parce que ces derniers avaient comme alliés les Hurons et les Algonquins, que les Agniers détestaient à s'en faire mal. Le territoire canadien (le Québec et l'Ontario actuels) était plus riche en gibier et donc en fourrures, que les Agniers troquaient à la Nouvelle-Hollande pour des armes à feu et des objets européens. Se débarasser des Français permetterait aux Agniers de profiter librement de ce territoire et, conséquemment, de s'enrichir, de devenir puissants. Il y avait aussi une ambition d'être le seul peuple amérindien d'importance dans cette partie de l'Amérique. Ainsi, les Agniers et Onneyouts s'en prenaient à des gens habitant plus loin, dont les Mohicans et les Abénakis, qui vivaient sur le territoire de la Nouvelle-Angleterre.

    De quelle façon ces gens combattaient-ils ? Oubliez les scènes des films western américains ! Les peuples indigènes n'attaquaient jamais en groupe d'importance. S'ils partaient avec cent guerriers de leurs pays, arrivés à destination, ils se divisaient en petites unités. L'embuscade, tel était leur truc ! Ils se cachaient et hop, quand passait un Français, un Huron ou un Algonquin : couic ! Si, par contre, le groupe amérindien était inférieur en nombre à une bande ennemie, ils n'attaquaient pas. Je souligne que pour eux, une femme ou un enfant faisaient aussi partie des captures. Ces peuples faisaient des prisonniers : certains comme monnaie d'échange, les adolescents étaient intégrés au peuple victorieux, mais la plupart des adultes étaient torturés par le feu. Ce qui restait servait d'esclaves.

    Il existait aussi de la stratégie militaire, comme dans le cas du siège de Trois-Rivières. Il y avait sur le fleuve Saint-Laurent des dizaines et des dizaines de canots agniers, attirant ainsi l'attention de mes ancêtres vers ce seul spectacle, alors qu'un autre groupe agnier approchait par le Nord, où c'était facile de pénétrer dans le bourg. Le hic est que Pierre Boucher y a pensé et a vite poussé ses canons vers le nord. Or, les Amérindiens détestaient profondémet les canons...

    À une occasion, lors de la destruction des pays des Hurons, c'était plus spectaculaire et groupé. Agniers et Onneyouts attaquaient en masse les villages au cours de la nuit et brûlaient, tuaient tout ce qui bougeait. Ils jetaient dans le feu le bébés, les enfants, les femmes et les vieillards.

    Les âmes sensibles sont priées de ne pas lire le passage suivant. Dans un village huron, les Agniers lançaient des bébés dans une marmite d'eau bouillante et obligaient les mères à bouffer les petits. Celles qui refusaient recevaient un coup de hache dans le visage. Brrr... Enfin, une française de Montréal, prisonnière des Agniers, s'est fait arracher les seins, couper les oreilles et on lui a enfoncé des tisons brûlants dans les yeux. Brrr, brrr...

    Je vous parlerai du tome 3 après lecture, sans doute en septembre. Voici un extrait significatif sur la méthode de guerroyer des Agniers, provenant des Relations des Jésuites :

    La façon que tiennent les Iroquois dans leurs guerres, est si cachée dans leurs approches, si subite dans leur exécution, et si prompte dans leur retraite, que d'ordinaire l'on apprend plus tôt leur départ que l'on a pu savoir leur venue. Ils viennent en renards dans les bois, qui les cachent et qui leur servent de fort inexpugnable. Ils attaquent en lions et comme ils surprennent quand on y pense le moins, ils ne trouvent point de résistance ; ils fuient en oiseaux, disparaissent plus tôt qu'ils ne paraissent. (Page 238)

    CHANSON DU JOUR : La désise, par Daniel Boucher

    Pour mon compte-rendu du tome 1, c'est par ici :

    http://tuttifrutti.eklablog.com/lecture-en-cours-iroquoisie-volume-1-a108558016

      

      


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