• La musique et mes parents

     

    La musique et mes parents

    Quand j'étais petit, nous avions un tourne-disque exclusif aux 78 tours. Évidemment, en 1965, on ne s'en servait pas beaucoup, d'autant plus que nous n'avions plus d'aiguilles, que nous remplacions par des clous. Pas la plus séduisante sonorité, mais ça se faisait entendre et détruisais un 78 tours après quelques écoutes. Ce phono était sans doute celui que mes parents se sont procurés à leur mariage.

    La photo ci-haut présente un superbe bébé Mario, mais j'attire votre attention vers le fond de décor : un combiné télé-radio-phono ! Le chic du chic des années 1950. Le seul souvenir que j'ai de ce monstre est d'avoir vu ma grande soeur Mireille, alors âgée de 12-13 ans, pleurer à chaudes larmes en écoutant un 33 tours de Michel Louvain. Un grand moment de mon enfance !

    Lors de notre déménagement de 1960, mon père avait remplacé ce triumvirat par un "stéréo" (comme il disait) plutôt énorme et s'il y avait la radio, il servait avant tout aux disques. J'y faisais tourner des 45 tours, tout en dansant avec mon ours de peluche. Si je vous le dis, c'est que c'est vrai, car les ouvriers avaient quelques retouches à faire dans la maison et un de ceux-là est demeuré un bon client du commerce de mon père et quand il m'y voyait, alors que j'étais ado, il me désignait comme le petit garçon qui dansait avec son ourson. Marqué pour la vie !

    Ce gros phono a été celui de mon frère, de mes soeurs, puis de moi-même, vers la fin des années 1960. Très moderne : il y avait une prise où on pouvait brancher un magnéto et enregistrer des chansons. Évidemment, pour les fêtes de mon frère et de ma soeur Lise, ils ne pouvaient pas descendre ce gros meuble dans la cour ou dans leur salle de jeux, si bien que nous avions un petit phono à gogo pour faire danser sur les succès des Biteules et c'est là-dessus que j'écoutais mes 45 tours, jusqu'au moment du... prochain article.

    Le meuble servait donc aux enfants et nous l'avions encore au cours des années 1980. Mes parents ne l'utilisaient jamais, sauf dans des occasions comme une fête pour Noël. La musique n'a jamais été une préoccupation de mes parents. Mon père ne se privait pas de me lancer des regards torves quand je revenais du centre-ville avec un sac plein de microsillons et de 45 tours, ne comprenant pas que je pouvais dépenser mon argent à de telles futilités.

    Il y avait pourtant des disques pour le gros meuble : ceux qui sont arrivés avec l'achat, type musique hawaiienne, mexicaine, chants de Noël, folklore, grands orchestres et blagues grivoises par "l'inimitable Lucien Boyer". Je me souviens d'un de ces disques, mais pas de son titre ni du nom de l'artiste. La pochette était blanche, avec le dessin noir d'un pianiste, qui interprétait des airs anciens, ceux-là même dont je retrouverai les versions d'origine sur les sites Internet spécialisés.

    Mon père achetait parfois des disques, dans le supermrché du quartier. Si, si : on vendait des microsillons dans les épiceries ! Dans les pharmacies, de plus. Habituellement des 33 tours hors commerce et qui étaient offerts pour quelques sous. Pour mon père, c'était pour les visiteurs. Je ne l'ai jamais vu s'installer pour écouter un disque, pas plus que ma mère. Au cours des années 80-90 il avait deux cassettes, dans son auto : une de Denis Champoux interprétant des airs de cow-boy, puis un "grands succès" de ce punk de Roger Whittaker.

    Si ma mère n'écoutait pas de disques, je crois qu'elle aimait la musique. Quand j'étais minuscule, elle me chantonnait Le petit cordonnier (Francis Lemarque), Attends-moi ti-gars (Félix Leclerc) et des chants traditionnels, comme La poulette grise. Depuis qu'elle habite le présent foyer, ma mère m'a souvent dérouté en chantant, sans se tromper, des airs de Trenet, de Félix, diverses vieilles chansons françaises. Ma soeur lui a acheté un petit lecteur de CD, qu'elle a du mal à manipuler, mais quand elle y arrive, maman peut chanter tous les refrains. Pourtant, je ne l'avais jamais entendue faire une telle chose au cours des années antérieures.

    CHANSON DU JOUR : Je me souviens de plusieurs 78 tours que nous avions à la maison et qui répondaient aux goûts de mes parents, dont celui-ci : Anna, par Sylvana Mangano (1953)


  • Commentaires

    1
    Mercredi 22 Octobre 2014 à 10:09

    Etonnée de voir le nom de l'actrice Silvana Mangano associée à une chanson, je viens de fouiner, et j'ai trouvé ça : https://www.youtube.com/watch?v=j-HNZLg6ntI

    La chanson s'appelle "el negro zumbon" et était dans la bande sonore du film "Anna". Très jolie chanson !

    Chez moi, mon papa avait investi dans du très bon matériel pour écouter des vinyls et contrairement au tien, il s'installait souvent pour écouter un disque, soit du classique, que je n'aimais pas trop, soit des musiques "planantes" de Pink Floyd, Tangerine Dream et autres. Du côté de ma maman, c'était plutôt les Beatles, Elvis, Julien Clerc, Sylvie Vartan. Comme je suis la seule de la famille à posséder encore un tourne-disque, j'ai récupéré quelques beaux 45 tours aussi !

    Le meuble derrière Mario bébé est en effet impressionnant !

    2
    Mercredi 22 Octobre 2014 à 18:22

    Ça me fait tout drôle de lire que des parents puissent écouter Pink Floyd ! C'est le temps qui passe !


    Quand mon père est décédé, un type du salon funéraire nous a demandé une musique que mon père aimait, pour faire entendre en sourdine aux visiteurs. Mes soeurs, mon frère et moi, nous nous sommes regardés en ne sachant pas quoi dire. Ma soeur a suggéré Roger Whittaker.

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