• Bûcherons No 5 : Folklore !

     

    Bûcherons No 5 : Folklore !

    Les séjours dans les chantiers ont fait naître un certain folklore, transmis à l'oral aux leurs par les bûcherons eux-mêmes, sans oublier des récits inspirés de témoignages oraux.

    MANGER ! La bouffe du bûcheron a varié selon les époques. Pour la période 1850-1890, il était difficile d'entreposer de la nourriture et surtout de la transporter jusqu'aux différents campements. C'est l'ère d'un certain folklore qui nous est parvenu : les bûcherons se délectaient de fêves aux lard, c'est à dire des haricots trempés dans une sauce au lard et qu'on appelait les binnes, déformation du mot anglais Beans. Il y avait aussi des biscuits très solides, de la soupe aux pois, du thé, du pain durci et à peu près rien d'autre. Je m'en voudrais de ne pas vous parler du ragoût de poche. Il s'agissait d'un ragoût préparé à la ville ou dans un village et qui était jeté dans une poche, puis lancé dans la neige, où le liquide gelait. Au campement, le cuisinier n'avait qu'à découper des morceaux à coups de hache et à faire bouillir.  Un de ces jours, je vais tenter l'expérience !

    L'historien René Hardy raconte qu'au début du 20e siècle, il y avait une pénurie de bûcherons. Les entrepreneurs ont compris que les repas et aussi les conditions de vie dans les campements en rébutaient plus d'un. Il y a donc eu une variation dans le menu. Le train se rendant jusqu'à la moitié du trajet et les chemins de forêt étant de plus en plus présents, sans oublier les entrepôts de ces compagnies ont permis d'offrir aux bûcherons d'autres mets que les binnes et la soupe aux pois. Certains campements avaient un peu de bétail, un poulailler.

    SE DISTRAIRE ! Après une rude journée de travail, les hommes devaient se distraire, le tout à la lueur de bougies, d'un fanal. Chacun se racontait des blagues, des histoires. D'autres avaient un harmonica, une guitare, un violon, et les bûcherons déformaient des airs de folklore en ajoutant des paroles racontant leur travail, leur vie. Les chansons de bûcherons sont nombreuses, dans notre folklore. Les hommes pouvaient aussi jouer aux cartes, se lancer des paris pour ceci ou cela.

    LE LANGAGE ! Les entrepreneurs forestiers étant tous anglais, la majorité des mots utilisés par les Québécois étaient des déformations de mots anglais, comme on a vu avec la drave. Vivant entre hommes, loin de l'autorité cléricale ou de l'épouse, les hommes se permettaient des blasphèmes visant le catholicisme ultramontain. La plupart des "gros mots" québécois, toujours utilisés de nos jours, sont nés dans les camps de bûcherons. Les hostie de calice de tabarnaque de sacramant, quoi !

    Un témoignage, vers 1890, d'un homme ayant vu des bûcherons attendant le train pour retrouver leurs foyers : "Mille hommes, mille sacs de linge sale, mille blasphémateurs prenaient le train. Je n'aurais recommandé à personne de les accompagner tant ces hommes étaient rudes."

    CHANSON DU JOUR : Le vrai truc, de 1930 ! Adélard St-Louis et Boromée Bernaquez, avec Aux chantiers. Avec verve, les trois repas de la journée sont en cause, avec "des vieilles binnes de la semaine passée" et des branches de sapin mêlé au pain. Le soir, les "binnes sucrées et la soupe aux pois" provoquaient des effusions interminables, quand les hommes se couchaient. Miam miam !


  • Commentaires

    1
    fanfan76
    Mercredi 11 Juin 2014 à 16:36

    Pas étonnant avec cette soupe aux pois! en plus ils devaient avoir des torsions de maux de ventre...fanfan

    2
    Mercredi 11 Juin 2014 à 18:26

    Cela dépendait du nombre de bols qu'ils ingurgitaient !  

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